Visite de la société Cheveau, 1er laveur indépendant de bouteilles en France

 

Pauline, notre responsable industrie et logistique, s’est glissée, début février 2018, dans ses habits de reporter pour aller à la rencontre de Stéphane Cheveau, responsable de production des lignes de lavage du site S. Cheveau situé près de Beaune en Bourgogne. Le but : connaitre les bonnes pratiques du lavage.

La société S. Cheveau, 1er laveur indépendant de bouteilles réutilisées en France

Créée dans les années 1980, la société S. Cheveau lave plus de 80 000 bouteilles par jour. Ce lavage se répartit entre ses 3 sites de lavage situés à Bordeaux, Mâcon et Beaune. Vous vous demandez d’où viennent toutes ces bouteilles ? En grande partie de vignerons des environs mais aussi de brasseurs belges et français ainsi que de producteurs de cidre et de jus de pomme. Si certaines de ces bouteilles sont consignées par les domaines qui commercialisent leur vin, nombreux sont les clients adeptes de la réutilisation qui n’utilise aucun système de gratification monétaire.

« Ici, on recycle ou on réutilise tout ! »

Chez S. Cheveau, l’enceinte dédiée au lavage des bouteilles héberge deux laveuses : une pour les grandes bouteilles et une pour les petites ! Pendant ma visite, j’ai pu voir en fonctionnement la machine dédiée au nettoyage de ces dernières. Un convoyeur automatique achemine les bouteilles vers la laveuse puis vers un palettiseur qui permet de former des palettes et de les filmer automatiquement en fin de chaîne. Le cycle de lavage complet d’une bouteille est de 45 minutes.

Laveuse de bouteilles de S. Cheveau

Si le lavage de S. Cheveau se porte principalement sur celui des bouteilles, il se pratique aussi sur les intercalaires en plastique. Ils permettent de séparer les « étages » de bouteilles placées sur les palettes. C’est la meilleure illustration de ce que Stéphane Cheveau me confie en disant « Ici, on recycle ou on réutilise tout ! »

 

Laveuse d’intercalaires de S. Cheveau

La plongée des chiffres du lavage de bouteilles en France…

Le nombre de grands sites de lavages s’est considérablement réduit ces 40 dernières années. Il est passé d’une cinquantaine de sites, selon Stéphane Cheveau, à une dizaine aujourd’hui. Les causes de ce recul sont diverses selon notre hôte :

économiques : le coût du lavage des bouteilles n’est pas beaucoup plus incitatif que celui des bouteilles neuves. Cela est d’autant plus le cas si les stations de lavage sont éloignées.

pratiques : les laveurs rencontrent à de plus en plus d’étiquettes qui ne se décollent plus malgré un trempage. Cela les rend impropres à toute réutilisation.

normatives : par exemple, par décret, le cahier des charges de l’appellation « Champagne » a interdit le réemploi des bouteilles en 2015 ;

Bouteilles vides avant lavage

Malgré un avantage pour la planète

Et pourtant, le bénéfice environnemental de la réutilisation des bouteilles a été démontré par une analyse du cycle de vie de la bouteille consignée « 75 cl Alsace » dans l’Est de la France (1). L’ADEME, dans un bilan des différentes ACV sur la consigne des emballages boisson avait une conclusion plus mitigée. Elle soulignait « sur la base des résultats des études, on constate que plus la distance de distribution est élevée, plus la position relative pour l’effet de serre des systèmes de collecte sélective s’améliore par rapport aux systèmes de réutilisation » (2). Ce à quoi nous sommes tentés de répondre que la perte de vitesse de la consigne, si celle-ci n’est pas davantage soutenue, est un cercle vicieux. En effet, plus de stations de lavages disparaissent, plus les stations restantes sont éloignées des sites de distribution, et moins bons sont leur bilan environnemental et économique.

Si le Gouvernement, autour de la feuille de route économie circulaire,  a annoncé un possible retour de la consigne, on ne peut que regretter que celle-ci ne concerne que la consigne pour recyclage. La consultation autour du document de projet de cette feuille de route est encore ouverte. Vous voulez soutenir le réemploi des contenants, on ne peut que vous encourager à y participer!

Auteur : Pauline
(1) « Pour le scénario de référence établi dans le cadre régional fixé par l’étude, le cycle de vie du verre consigné est de 1,5 à 5 fois moins impactant que le verre à usage unique suivant l’indicateur environnemental analysé ».
http://www.ademe.fr/sites/default/files/assets/documents/bilan-environnemental-bouteille-en-verre-consigne-alsace-2009.pdf
(2) http://www.ademe.fr/bilan-connaissances-economiques-environnementales-consigne-emballages-boissons-recyclage-emballages-plastiques

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