Les emballages consignés c’est quoi ?

La consigne va avec l’achat d’un ou plusieurs objets dans un contenant. Elle consiste à faire payer à une personne, en même temps que son achat, une petite somme supplémentaire, appelée gratification. La personne récupère cette somme, lorsqu’elle ramène son contenant vide. L’objectif de la mise en place d’une consigne est d’inciter l’acheteur à ramener son contenant afin de faciliter son réemploi, sa réutilisation ou son recyclage.

Les emballages consignés permettent de réemployer plusieurs fois les emballages et d’allonger leur durée de vie. Ainsi, on réduit les déchets qui en sont issus et les impacts environnementaux. Un emballage consigné est un emballage pour lequel l’acheteur verse une somme d’argent, la consigne, qui lui est rendue lorsqu’il retourne l’emballage afin que celui-ci soit réemployé.

Ministère de la Transition Écologique

Quelques notions pour mieux comprendre le principe

La gratification
C’est la somme d’argent attribuée à l’utilisateur/au consommateur. Elle sert à assurer le retour des emballages, mais surtout à inciter le consommateur à le ramener.  Celle-ci revêt diverses formes : bon de réduction, bon d’achat, don à des associations, etc. Par exemple, 1€ le gobelet dans les concerts et festivals de musique. Cependant, beaucoup de consommateurs finissent la nuit avec plusieurs gobelets dans leur sac.  

Le réemploi
Toute opération par laquelle des substances, matières ou produits qui ne sont pas des déchets sont utilisés de nouveau pour un usage identique à celui pour lequel ils avaient été conçus. Par exemple, les palettes dans l’industrie du transport.

La réutilisation
Toute opération par laquelle des substances, matières ou produits qui sont devenus des déchets sont de nouveau utilisés. Les produits faisant l’objet d’une éventuelle revalorisation doivent être correctement préparés. Celle-ci peut prendre la forme d’un simple contrôle, d’un nettoyage ou encore d’une réparation.

Le recyclage
Procédé de traitement des déchets, y compris les déchets organiques, qui permet de réutiliser la matière pour fabriquer un nouveau produit. Les consignes de tri ont plus de 20 ans en France. Cependant, nous sommes en retard par rapport aux autres pays européens.

L’histoire de la consigne en France

Jadis, la consigne était largement répandue en France. En 1938, une loi l’a même rendue obligatoire pour la brasserie et les eaux gazeuses. Malheureusement, la société de consommation a peu à peu fait disparaitre cette pratique. En effet, les publicitaires se sont mis à vanter la qualité prétendument plus hygiénique d’une bouteille à usage unique. D’autre part, en se séparant d’une bouteille réutilisable et identique à celle des concurrents, les industriels ont pu commencer à se différencier et ainsi mettre en avant leur propre produit.

Au début des années 1990, face à l’augmentation considérable du volume de déchets, une réglementation concernant la conception et la fin de vie des emballages ménagers est mise en place. Elle a permis la création des éco-organismes, auxquels les industriels utilisant des emballages à usage unique doivent verser une contribution. En revanche, si le poids des déchets d’emballages ménagers se réduit, cette nouvelle réglementation a signé la fin de la consigne.

La consigne aujourd’hui dans l’hexagone

Si la consigne tend à disparaître de l’imaginaire collectif des consommateurs, certains secteurs l’utilisent encore :
– Bouteilles chez les Café Hotels Restaurants (CHR)
– Logistique : Palette Europe/palette dite « VMF »
– Secteur automobile : emballages consignés (caisses) entre équipementiers et constructeurs
– Secteur chimie : bidons, fûts IBC plastique
– Fûts de bière dans les Café Hotels Restaurants (CHR)

Dans la boisson, secteur originelle, la consigne perdure localement :
– « VK Alsace » commercialisée dans le Grand Est
– Certains producteurs de vin

Aujourd’hui, la consigne se réinvente dans de nouvelles applications, et les initiatives, en plus de la nôtre, sont nombreuses :
– Cups écologiques pour l’événementiel (Esprit Planète, Eco Cup…)
– Bouteilles pour le vrac liquide de Jean Bouteille

Le Gouvernement français, autour de la feuille de route économie circulaire,  a annoncé début 2018 un possible retour de la consigne. Cette nouvelle consigne s’orienterait prioritairement vers les bouteilles en plastique, les canettes en aluminium et les piles. Le but? Augmenter le taux de recyclage du plastique qui n’atteint que 22 % dans l’hexagone. Le Gouvernement français espère ainsi atteindre l’objectif 100 % de recyclage des plastiques en 2025. Si cette démarche est louable, on ne peut que regretter qu’elle ne s’applique pas sur les bouteilles en verre.

La consigne en Europe

Bien que disparu en France, ce système fonctionne encore chez nos voisins européens. En Allemagne, la majorité des emballages de boissons est consignée pour une somme qui va de 8 à 25ct € (canettes et bouteilles). Elle s’applique à la fois aux bouteilles réutilisables (15 ct€), mais aussi à celles qui seront recyclées (25 ct€). Cette différence de prix a été mise en place pour inciter les ménages à employer les bouteilles réutilisables. Grâce à ce système, le taux de plastique recyclé est de 40 %.

En Belgique, la consigne pour réutilisation est surtout appliquée pour les bouteilles de bière et de vin. De plus, il existe un nombre de modèles de bouteilles de bière limité afin de faciliter la réutilisation. Contrairement à l’Allemagne, il n’existe pas de consigne pour recyclage ou pour le plastique.

Globalement, on constate qu’en Europe, les pays qui gèrent le mieux leurs déchets sont aussi les pays qui ont mis en place un système de consigne.

Est-ce vraiment meilleur pour l’environnement ?

De nombreuses Analyses de Cycle de Vie (ou ACV) ont été réalisées pour en étudier les avantages environnementaux. Celles-ci comparent les emballages réutilisable par rapport aux emballages jetables. En voila quelques unes :
comparaison de l’impact environnemental de la bouteille «  VK Alsace », consignée et réutilisée, par rapport à la bouteille jetable « Eco 75 » en 2009. Elle conclut que la bouteille réutilisée a un meilleur bilan environnemental.
comparaison de l’impact environnemental des verres réutilisables par rapport aux verres jetables lors de l’Euro 2008. Elle conclut que tous les verres réutilisables ont une charge environnementale moindre que celle des verres jetables.

L’ADEME, dans un bilan des différentes ACV sur la consigne des emballages boisson a une conclusion plus mitigée. En effet, elle souligne que les circuits courts doivent être privilégiés pour la réutilisation afin de ne pas alourdir le bilan environnemental. C’est là que mettre en place un système de consigne local, comme nous le faisons avec notre projet RECONCIL, prend tout son sens.

De plus, les ACV ne mentionnent pas l’un des principaux avantages de la consigne : celui de donner une valeur aux emballages. Cela permet ainsi d’inciter les personnes à ne plus jeter les emballages dans la rue, dont une certaine partie pollue les mers et les océans.

Liens utiles :

Réseau Consigne

réseau consigne

Avec le soutien de ces cinq membres fondateurs, le Réseau Consigne s’inspire et soutien les initiatives locales. Il fédère les Acteurs du Réseau Consigne, composés de dizaines de collectivités, professionnels, personnes qualifiées, porteurs de projets, associations et consommateurs engagés.

Jean Bouteille

Jean Bouteille

Cette entreprise, originaire du nord de la France, propose une alternative à la bouteille à usage unique. Grâce à l’équipement de magasins alimentaires en fontaine, à l’achat en vrac et à la mise en place de bouteilles en verre consignés, Jean Bouteille a un impact considérable sur la réduction des déchets.